Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Mathematical logicUnreviewed

Relations d’équivalence maigres

by La chouette aveugle·
70
Difficulty scaleÉchelle de difficulté

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  1. 110First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 1125Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 2650Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 5170Advanced / graduateAvancé / master
  5. 7190Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91100Research levelNiveau recherche
These levels are approximate guides.Ces niveaux sont des repères approximatifs.
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Français

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Soit PP un espace polonais parfait. Soit RR une relation d’équivalence sur PP. On dit que RR est maigre\textbf{maigre} si son graphe RP2R \subset P^{2} est une partie maigre de P2P^{2}. Montrer que :

  • RR est maigre si et seulement si toute RR-classe d’équivalence est maigre dans PP,
  • Il existe une injection continue ι:2ωP\iota : 2^{\omega} \longrightarrow P telle que pour tout αβ\alpha \neq \beta, (ι(α),ι(β))R(\iota(\alpha),\iota(\beta)) \notin R. En déduire le cardinal de P/RP/R.
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Montrons le premier point. Supposons que toute RR-classe d’équivalence est maigre. Puisque (en utilisant les notations du théorème de Kuratowski-Ulam) pour tout xPx \in P, xR=Rx\overline{x}^{R} = R_{x}, on déduit que toute section verticale de RR est maigre, d’où que (par le théorème de Kuratowski-Ulam) RR est maigre. Réciproquement si RR est maigre, le théorème de Kuratowski-Ulam énonce que Ω=def{xRx=xR est maigre dans P}\Omega \stackrel{\mathrm{def}}{=} \lbrace x \mid R_{x} = \overline{x}^{R}\text{ est maigre dans P}\rbrace est comaigre. S’il existe yPy \in P tel que yR\overline{y}^{R} n’est pas maigre, yRΩ\overline{y}^{R} \cap \Omega \neq \emptyset, ce qui est absurde puisqu’alors yR\overline{y}^{R} serait maigre.

Pour le second point, montrons un fait général : si PP est un espace polonais parfait, et CC une partie comaigre de P2P^{2}, il existe une injection continue ι:2ωP\iota : 2^{\omega} \longrightarrow P telle que pour tous αβ\alpha \neq \beta, (ι(α),ι(β))C(\iota(\alpha),\iota(\beta)) \in C. Soit (On)n(O_n)_n une suite d’ouverts denses de PP tels que nOnC\bigcap_n O_n \subset C. Pour montrer ce fait, on construit un schéma de Cantor convergent (Fs)s(F_s)_{s} qui satsifait les propriétés supplémentaires :

(i)(i) pour tout s2<ωs \in 2^{<\omega}, FsF_{s} est un ouvert non vide de PP,
(ii)(ii) pour tout entier naturel nn et pour tout s,l2<ωs,l \in 2^{<\omega} de longueur nn et tels que sls \leq l (pour l’ordre lexicographique), Fs×FlknOkF_{s} \times F_{l} \subset \bigcap_{k\leq n} O_{k}.

On pose F=O0F_{\emptyset} = O_{0}. Supposons le schéma construit jusqu’aux suites finies ss de longueur nn. Soit (si)i(s_{i})_{i} une énumération (finie) des suites longueurs n+1n+1. Soit x,yx,y deux poins distincts de Fs0F_{s_{0}} (on peut les choisir ainsi puisque PP est parfait). Soit UxU_{x} et UyU_{y} des vosinages de xx et de yy (respectivement) disjoints. Comme kn+1Ok\bigcap_{k \leq n+1}O_{k} est dense dans P2P^2, Ux×Uykn+1OkU_{x} \times U_{y} \cap \bigcap_{k \leq n+1}O_{k} \neq \emptyset. On choisit alors (x,y)(x',y') dans cette intersection, ainsi que UxU_{x'} et UyU_{y'} des voisinages (respectifs) de xx' et de yy', disjoints, tels que Ux×UyUx×Uykn+1Okkn+1OkU_{x'} \times U_{y'} \subset U_{x} \times U_{y} \cap \bigcap_{k \leq n+1}O_{k} \subset \bigcap_{k \leq n+1}O_{k}. On choisit les diamètres de UxU_{x'} et UyU_{y'} assez petits pour respecter la convergence du schéma que l’on construit. On pose donc Fs00=defUxF_{s_{0} \frown 0} \stackrel{\mathrm{def}}{=} U_{x'} et Fs01=defUyF_{s_{0}\frown 1} \stackrel{\mathrm{def}}{=} U_{y'}.

Soit ensuite z,wFs1z,w \in F_{s_{1}} tous deux ditincts. En recommençant le procédé précédent avec la paire (x,z)(x',z) (au lieu de (x,y)(x,y)), puis à nouveau avec (y,z)(y',z), (x,w)(x',w), (y,w)(y',w) et enfin(z,w)(z,w), on construit Fs10F_{s_{1} \frown 0} et Fs11F_{s_{1}\frown 1} tels que (i)(i) et (ii)(ii) soient respectés. On continue ainsi avec s2s_{2}, s3s_{3} et ainsi de suite. Puisque ce procédé est fini, les sous-ensembles obtenus à la fin seront toujours ouverts, et le schéma est construit.

Soit ι\iota l’injection associée au schéma. On constate bien que pour tout αβ\alpha \neq \beta, (ι(α),ι(β))C(\iota(\alpha),\iota(\beta)) \in C grâce à (ii)(ii). Il ne reste plus qu’à appliquer ce que l’on vient de démontrer à C=P2RC = P^{2} \setminus R. On déduit que P/R20\lvert P/R \rvert \geq 2^{\aleph_{0}}, et comme E/RP20\lvert E/R \rvert \leq \lvert P \rvert \leq 2^{\aleph_{0}} (puisqu’en effet PP est homéomorphe à un espace métrique séparable, son cardinal est plus petite que celui de R\mathbb{R}), on déduit que E/R=20\lvert E/R \rvert = 2^{\aleph_{0}}.

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