Soient un segment , le point milieu de et un point quelconque sur .
Montrer que la somme des aires d’un rectangle de côtés et , et d’un carré de côté , est égale à l’aire d’un carré de côté .
Si on pose et , écrire l’identité remarquable algébrique liant a et b, et reproduisant la relation géométrique démontrée précédemment.

NB
- Une figure désignée par ses sommets, par exemple , désigne la figure elle-même ; désigne son aire.
- La seconde question est une interprétation « moderne », algébrique, de cette proposition des Eléments d’Euclide qui, à l’origine, était exprimée de façon purement géométrique. Cette interprétation est à l’origine de la dénomination "algèbre géométrique" souvent utilisée pour parler du livre 2 des Eléments d’Euclide, signifiant par là que des nombres liés par une relation algébrique entretiennent aussi entre eux des relations "géométriques".
References
- Euclide — Éléments
Solutions
1Reveal solutionsAre you sure? Give it a try first.
Construire sur le carré (pour cette construction, voir le problème Construction d’un carré sur un segment).
Construire le point , intersection de avec la parallèle à passant par .
Construire le point , intersection de avec la diagonale .
Construire les points et , intersections de la droite parallèle à avec respectivement et .
Construire le point , intersection de avec la parallèle à passant par A.
(Pour la construction de toutes ces parallèles, voir le problème Construction d’une droite parallèle à une droite donnée).

Dans cette configuration, nous pouvons prouver que et sont des carrés de côtés et (pour la démonstration de ce point, voir le problème Une identité remarquable cachée dans un carré). Une conséquence est que : (1) et .
Avec (1), nous pouvons dire que par construction est un rectangle de côtés et .

Partons de l’égalité des deux rectangles construits sur des bases de même longueur et construits entre les mêmes parallèles (pour la démonstration de ce point, voir le problème Deux parallélogrammes : bases de même longueur, même aire), soit : (2)

Par ailleurs, les deux rectangles et sont « complémentaires » relativement à H sur la diagonale , donc leurs aires sont égales (pour la démonstration de ce point, voir le problème Même aire pour des parallélogrammes « complémentaires »), soit : (3)
Si on ajoute aux deux termes de l’égalité (3) l’aire du carré , on obtient : , donc : (4)

En couplant (2) et (4) on obtient (5)
Si on ajoute aux deux termes de l’égalité (5) l’aire du carré , on obtient : , donc : (6)
Si, enfin, on ajoute aux deux termes de l’égalité (6) l’aire du carré , on obtient : , donc : (7)
Ce qu’il fallait démontrer
- Si on pose et , la relation (7) devient : , ou encore :
La relation (1) exprime donc bien une identité algébrique remarquable de manière géométrique.
