Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Linear algebraUnreviewed

Un déterminant pour les téméraires

by FiniteField·
43
Difficulty scaleÉchelle de difficulté

This score reflects both the level of the required concepts and the difficulty of the solution.Ce score tient compte à la fois du niveau des notions nécessaires et de la difficulté de la résolution.

  1. 1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 11–25Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 26–50Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 51–70Advanced / graduateAvancé / master
  5. 71–90Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91–100Research levelNiveau recherche
These levels are approximate guides.Ces niveaux sont des repères approximatifs.
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Français

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  1. Définir la fonction indicatrice d’Euler puis exprimer φ(n)\varphi(n) en fonction de la décomposition primaire de n∈N∗.n\in\mathbb{N}^*.
  2. Montrer que n=∑d∣nφ(d)n=\displaystyle\sum_{d\mid n}\varphi(d).
  3. En déduire le déterminant de la matrice (i∧j)1⩽i,j⩽n∈Mn(R).(i\land j)_{1\leqslant i,j\leqslant n}\in M_{n}(\mathbb{R}).
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  1. Oral Mines-Ponts filière MP 2025 (RMS 136-1 498)
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Solution by FiniteField

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  1. On a φ(n)=#{k∈⟦0,n−1⟧∣k∧n=1}.\varphi(n)=\#\left\{k\in\llbracket 0,n-1\rrbracket\mid k\land n=1\right\}. On a
    ∀p1,…,pr premiers distincts et (α1,…,αr)∈Nr,φ(∏j=1rpjαj)=∏j=1rpαj−1(pj−1).\forall p_1,\dots,p_r\text{ premiers distincts et }(\alpha_1,\dots,\alpha_r)\in\mathbb{N}^r,\displaystyle\varphi\left(\prod_{j=1}^r p_j^{\alpha_j}\right)=\prod_{j=1}^r p^{\alpha_j-1}(p_j-1).
  2. Soit 0⩽k⩽n−10\leqslant k\leqslant n-1 et dd un diviseur de n.n. On a pgcd⁡(k,n)=d⇔pgcd⁡(kd,nd)=1\operatorname{pgcd}(k,n)=d\Leftrightarrow \operatorname{pgcd}\left(\dfrac{k}{d},\dfrac{n}{d}\right)=1 (utiliser le théorème puis l’identité de Bézout pour s’en convaincre). Ainsi, le nombre d’entiers 0⩽k⩽n−10\leqslant k\leqslant n-1 tels que pgcd⁡(n,k)=d\operatorname{pgcd}(n,k)=d est φ(nd).\varphi\left(\dfrac{n}{d}\right). On en déduit que
    ⟦0,n−1⟧=⨆d∣n{k∣pgcd⁡(n,k)=d} donc n=∑d∣nφ(nd)=∑d∣nφ(d).\llbracket 0,n-1\rrbracket=\bigsqcup_{d\mid n}\left\{k\mid \operatorname{pgcd}(n,k)=d\right\}\text{ donc }n=\sum_{d\mid n}\varphi\left(\dfrac{n}{d}\right)=\sum_{d\mid n}\varphi\left(d\right).La dernière égalité provenant du fait que d↦ndd\mapsto \dfrac{n}{d} réalise une bijection de l’ensemble des diviseurs de n.n.
  3. On pose An=(i∧j)1⩽i,j⩽n∈Mn(R).A_n=(i\land j)_{1\leqslant i,j\leqslant n}\in M_n(\mathbb{R}). On a
    A2=(1112),A3=(111121113)A_2=\begin{pmatrix} 1 & 1\\ 1 & 2 \end{pmatrix},\quad A_3=\begin{pmatrix} 1 & 1 & 1\\ 1 & 2 & 1\\ 1 & 1 & 3 \end{pmatrix}ou encore
    A4=(1111121211311214).A_4=\begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 & 1\\ 1 & 2 & 1 & 2\\ 1 & 1 & 3 & 1\\ 1 & 2 & 1 & 4 \end{pmatrix}.En faisant des opérations élémentaires sur les lignes de la forme Lj←Lj+αLiL_j\leftarrow L_j+\alpha L_i on conjecture qu’on peut donner une forme triangulaire à AnA_n avec sur la diagonale φ(1),φ(2),…,φ(n)\varphi(1),\varphi(2),\dots,\varphi(n) et telle que le coefficient (i,j)(i,j) avec i⩽ji\leqslant j vaut φ(i)\varphi(i) si i∣ji\mid j et 00 sinon, i.e. telle que son coefficient en (i,j)(i,j) vaut δi∣jφ(i)\delta_{i\mid j}\varphi(i). Par exemple, la matrice A4A_4 devient après les opérations L2←L2−L1,L3←L3−L1,L4←L4−L1L_2\leftarrow L_2-L_1,L_3\leftarrow L_3-L_1,L_4\leftarrow L_4-L_1 puis L4←L4−L2L_4\leftarrow L_4-L_2 la matrice
    B4=(1111010100100002).B_4=\begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 & 1\\ 0 & 1 & 0 & 1\\ 0 & 0 & 1 & 0\\ 0 & 0 & 0 & 2 \end{pmatrix}. Remarquons qu’appliquer l’opération Lj←Lj+αLiL_j\leftarrow L_j+\alpha L_i sur une matrice revient à la multiplier à gauche par une matrice de déterminant 11 ce qui ne modifie donc pas son déterminant. On va prouver ce résultat par récurrence forte sur l’indice des lignes à n⩾2n\geqslant 2 fixé. Soit n⩾2n\geqslant 2.
    Initialisation. On prouve que ça marche pour la première ligne i=1.i=1. Cette ligne est composée de pgcd⁡(1,j)=1=φ(1)\operatorname{pgcd}(1,j)=1=\varphi(1) ce qui prouve l’initialisation.
    Hypothèse de récurrence. Soit 2⩽i⩽n2\leqslant i \leqslant n tel que la matrice AnA_{n} ait ses i−1i-1 premières lignes de la forme voulue après des opérations élémentaires sur les lignes. On note BnB_n la matrice obtenue.
    Hérédité. La ii-ème ligne est composée de diviseurs dd de i.i. Tous les coefficients aija_{ij} avec i>ji>j sont aussi des diviseurs de jj donc sont strictement inférieurs à i.i. On considère l’opération
    Li←Li−∑d∣id≠iLd.L_i\leftarrow L_i-\sum_{\substack{d\mid i\\d\neq i}} L_d.

Soit 1⩽j⩽n1\leqslant j\leqslant n et d′=i∧j.d'=i\land j. Le coefficient devient alors bij=d′−∑d∣id≠ibd,j.b_{ij}=\displaystyle d'-\sum_{\substack{d\mid i\\d\neq i}} b_{d,j}. Or, par hypothèse de récurrence, bd,j=0b_{d,j}=0 si d∤jd\nmid j donc
bij=d′−∑d∣i,d∣jd≠ibd,j=d′−∑d∣d′d≠iφ(d).b_{ij}=\displaystyle d'-\sum_{\substack{d\mid i,d\mid j\\d\neq i}} b_{d,j}=\displaystyle d'-\sum_{\substack{d\mid d'\\d\neq i}} \varphi(d).On a alors d’après la question précédente :

  • Si d′=id'=i alors bij=φ(i)b_{ij}=\varphi(i).
  • Sinon, d′d' est un diviseur strict de ii donc la condition d≠id\neq i dans la somme peut être omise et on a bij=0.b_{ij}=0.
    On a donc bien bij≠0b_{ij}\neq 0 si et seulement si i∧j=ii\land j=i donc i∣ji\mid j et vaut alors φ(i).\varphi(i).
    La matrice obtenue étant de même déterminant que AnA_n et ayant comme coefficients diagonaux bii=φ(i)b_{ii}=\varphi(i) on obtient
    det⁡(An)=∏i=1nφ(i).\det(A_n)=\prod_{i=1}^n\varphi(i).
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