On raisonne par analyse-synthèse.
Analyse. Soit f∈C0(R+,R) telle que :∀x∈R+,f(x)=1+∫0x1+f(t)2e−tdt. On remarque qu’une telle fonction doit satisfaire f(0)=1. La fonction t∈R+↦1+f(t)2e−t est continue comme quotient de fonctions continues dont le dénominateur ne s’annule pas. Par le théorème fondamental de l’analyse f est alors de classe C1. On peut alors dériver la relation satisfaite par f ce qui donne
f′(x)=1+f(x)2e−x⇔f′(x)+f′(x)f2(x)=e−xpuis, pour y∈R+, en intégrant entre 0 et y, on a
f(y)−f(0)+31(f(y)3−f(0)3)=1−e−y donc 31f(y)3+f(y)=37−e−y.On pose g:t∈R↦31t3+t. C’est une fonction polynomiale donc de classe C∞ et on a ∀t∈R,g′(t)=t2+1>0. La fonction g étant continue et strictement monotone décrit donc une bijection sur son image qui est R à cause de ses limites en +∞ et −∞. On note h=g−1 sa réciproque. On a donc ∀y∈R,f(y)=h(37−e−y) ce qui termine l’analyse. On peut aussi dans un même temps anticiper la dernière question. En effet, l’analyse montre que s’il existe une telle solution alors elle est unique.
Synthèse. Soit f:x∈R+↦h(37−e−x). On pose φ:x↦1+∫0x1+f(t)2e−tdt. On veut montrer que φ et f sont égale. Pour cela on va montrer que f′=φ′ et qu’elles coïncident en un point. Puisque g′ ne s’annule pas, et que g∘h=id, la fonction h est dérivable et h′×(g′∘h)=1 donc ∀t∈R,h′(t)=1+h(t)21. Par conséquent, ∀x∈R,f′(x)=1+f(x)2e−x=φ′(x). Par ailleurs, φ(0)=1 et, puisque g(1)=3113+1=34 on a f(0)=h(37−1)=h(34)=1. On a donc f=φ ce qui prouve que f est bien solution de l’équation fonctionnelle.
Il existe donc une solution à l’équation fonctionnelle et elle est unique d’après l’analyse. Par ailleurs, ∀x∈R+,37−1=34⩽37−e−x⩽37 donc f(R+)⊂h([34,37]) qui est borné comme image continue d’un segment par une application continue. Donc f est bornée.