Ivan Shishkin, Birch Grove

Théorèmes de Sylow

Definition / Group /

Showing the Français version because no English translation exists yet. Add that translation.

Français

En théorie des groupes, le théorème de Lagrange affirme que l’ordre d’un sous-groupe divise l’ordre du groupe. La réciproque est fausse en général : un diviseur de ∣G∣|G| n’est pas forcément l’ordre d’un sous-groupe de GG.

Le théorème de Cauchy fournit néanmoins une première réciproque partielle : si un nombre premier pp divise ∣G∣|G|, alors GG possède un sous-groupe d’ordre pp.

Le premier théorème de Sylow va plus loin. Si
∣G∣=pnm,|G|=p^n m,où pp est premier et pp ne divise pas mm, alors GG possède un sous-groupe d’ordre pkp^k pour tout k⩽nk\leqslant n. Ces sous-groupes sont appelés des pp-groupes.

Parmi eux, ceux d’ordre pnp^n jouent un rôle particulier : ce sont les plus grands pp-sous-groupes que GG puisse contenir. On les appelle les pp-sous-groupes de Sylow de GG.

Le deuxième théorème de Sylow affirme alors que tous les pp-sous-groupes de Sylow de GG sont conjugués entre eux.

Enfin, le troisième théorème de Sylow impose de fortes contraintes sur leur nombre. Si l’on note npn_p le nombre de pp-sous-groupes de Sylow, alors
np≡1(modp)etnp∣m.n_p\equiv 1\pmod p \qquad\text{et}\qquad n_p\mid m.

Exemples
  1. Dans S4\mathfrak{S}_4, d’ordre 24=23⋅324=2^{3}\cdot 3 : n2∈{1,3}n_2\in\{1,3\} et n2≡1 (2)n_2\equiv 1\ (2), et l’on trouve n2=3n_2=3, les 22-Sylow étant d’ordre 88 et isomorphes à D4D_4 ; par ailleurs n3=4n_3=4, les 33-Sylow étant les ⟨σ⟩\langle\sigma\rangle pour σ\sigma un 33-cycle.

  2. Dans GLn(Fp)\mathrm{GL}_n(\mathbb{F}_p), d’ordre ∏k=0n−1(pn−pk)=pn(n−1)/2∏k=1n(pk−1)\prod\limits_{k=0}^{n-1}(p^{n}-p^{k})=p^{n(n-1)/2}\prod\limits_{k=1}^{n}(p^{k}-1), le groupe Un(Fp)U_n(\mathbb{F}_p) des matrices triangulaires supérieures à diagonale unité est un pp-sous-groupe de Sylow. Ses conjugués correspondent aux drapeaux complets de Fpn\mathbb{F}_p^{n}.

  3. Non-simplicité en ordre 3030. Si ∣G∣=30=2⋅3⋅5|G|=30=2\cdot3\cdot5, on a n3∈{1,10}n_3\in\{1,10\} et n5∈{1,6}n_5\in\{1,6\}. Si n3=10n_3=10 et n5=6n_5=6, on compte 10⋅2=2010\cdot 2=20 éléments d’ordre 33 et 6⋅4=246\cdot 4=24 éléments d’ordre 55, soit 44>3044>30 : impossible. Donc n3=1n_3=1 ou n5=1n_5=1, et GG n’est pas simple.

  4. Ordre 6060 et A5\mathfrak{A}_5. Pour ∣G∣=60|G|=60, on montre par un raisonnement de Sylow que GG simple entraîne n5=6n_5=6, d’où un morphisme injectif G↪S6G\hookrightarrow\mathfrak{S}_6 ; en raffinant, G≃A5G\simeq\mathfrak{A}_5. C’est le plus petit groupe simple non abélien.

  5. Contre-exemple sur la non-conjugaison entre premiers distincts. Dans S3\mathfrak{S}_3, le 22-Sylow {id,(1 2)}\{\mathrm{id},(1\,2)\} et le 33-Sylow A3\mathfrak{A}_3 ne sont évidemment pas conjugués : la conjugaison du théorème II ne vaut qu’à pp fixé.

Problems using this concept (2)
Problems using this concept (spoiler) (0)

No listed problems use this concept as a spoiler yet.

References

  1. Daniel Perrin — Cours d’algèbre
Details

Download: BibTeXJSON