Ivan Shishkin, Birch Grove

Idéal

Definition / General algebra / Stub

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Définition intuitive

Un idéal est à un anneau ce qu’un sous-groupe distingué est à un groupe : la partie par laquelle on peut quotienter. L’idée de départ est celle de « multiples ». Dans Z\mathbb{Z}, l’ensemble nZn\mathbb{Z} est stable par addition, et surtout absorbant : multiplier un multiple de nn par n’importe quel entier redonne un multiple de nn. Cette propriété d’absorption est exactement ce qui permet de définir une structure d’anneau sur le quotient, et donc de « travailler modulo » nn dans Z\mathbb{Z}, modulo un polynôme dans K[X]K[X].

Définition formelle

Soit AA un anneau (unitaire, non nécessairement commutatif). Une partie IAI\subseteq A est :

  • un idéal à gauche si :
    I est un sous-groupe additif de A,etaA, xI,axI,I \text{ est un sous-groupe additif de } A, \text{et} \quad \forall a\in A,\ \forall x\in I,\quad ax\in I,
  • un idéal à droite si :
    I est un sous-groupe additif de A,etaA, xI,xaI,I \text{ est un sous-groupe additif de } A, \text{et} \quad \forall a\in A,\ \forall x\in I,\quad xa\in I,
  • un idéal bilatère si :
    I est un sous-groupe additif de A,eta,bA, xI,axbI.I \text{ est un sous-groupe additif de } A, \text{et} \quad \forall a,b\in A,\ \forall x\in I,\quad axb\in I .

Cas commutatif. Si AA est commutatif, les trois notions coïncident et l’on dit simplement idéal : II est un sous-groupe additif vérifiant AIIAI\subseteq I.

Propriété fondamentale. Si II est un idéal bilatère de AA, le groupe quotient A/IA/I hérite d’une structure d’anneau par ab=ab\overline{a}\cdot\overline{b}=\overline{ab}, qui est bien définie précisément grâce à l’absorption des deux côtés. Réciproquement, les idéaux bilatères de AA sont exactement les noyaux de morphismes d’anneaux issus de AA.

Remarques
  • Ce n’est pas un sous-anneau. Un idéal contient 11 si et seulement s’il est AA tout entier, puisque 1I1\in I entraîne a=a1Ia=a\cdot 1\in I pour tout aa. Un idéal propre ne contient donc aucun élément inversible. En particulier, un anneau est un corps si et seulement si ses seuls idéaux sont {0}\{0\} et lui-même.
  • Contre-exemple à une confusion fréquente. Un idéal n’est pas la même chose qu’un sous-anneau : Z\mathbb{Z} est un sous-anneau de Q\mathbb{Q} mais n’en est pas un idéal (car 121Z\frac12\cdot 1\notin\mathbb{Z}), tandis que 2Z2\mathbb{Z} est un idéal de Z\mathbb{Z} mais pas un sous-anneau unitaire.
  • Opérations. L’intersection d’idéaux est un idéal ; la réunion ne l’est en général pas, et l’on utilise à la place la somme I+J={x+y}I+J=\{x+y\}. On dispose aussi du produit IJ={kxkyk}IJ=\bigl\{\sum_k x_ky_k\bigr\}, avec IJIJIJ\subseteq I\cap J, l’inclusion pouvant être stricte : dans Z\mathbb{Z}, (2)(2)=(4)(2)(2)=(4) alors que (2)(2)=(2)(2)\cap(2)=(2).
  • Idéaux engendrés. Dans un anneau commutatif, (a1,,ar)={aixi:xiA}(a_1,\dots,a_r)=\{\sum a_ix_i : x_i\in A\}. Un idéal engendré par un seul élément est dit principal ; un anneau intègre dont tous les idéaux sont principaux est un anneau principal.
Exemples
  1. Dans Z\mathbb{Z}, les idéaux sont exactement les nZn\mathbb{Z} pour n0n\geqslant 0. L’idéal nZn\mathbb{Z} est premier si et seulement si n=0n=0 ou nn est premier, et maximal si et seulement si nn est premier. Le quotient Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} est un corps exactement dans ce dernier cas.
  2. Dans K[X]K[X], les idéaux sont les (P)(P) ; l’idéal (P)(P) est maximal si et seulement si PP est irréductible, et K[X]/(P)K[X]/(P) est alors un corps.
  3. Dans K[X,Y]K[X,Y], l’idéal (X,Y)(X,Y) n’est pas principal : c’est souvent le premier exemple d’anneau factoriel non principal qu’on rencontre.
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