Ivan Shishkin, Rye (1878)

Problems/Linear algebra

Un commutateur de rang 1

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50
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  1. 1–10First steps / middle schoolPremiers pas / collège
  2. 11–25Beginner / high schoolDébutant / lycée
  3. 26–50Intermediate / undergraduateIntermédiaire / licence
  4. 51–70Advanced / graduateAvancé / master
  5. 71–90Expert / specializedExpert / spécialisé
  6. 91–100Research levelNiveau recherche
These levels are approximate guides.Ces niveaux sont des repères approximatifs.
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Soient A,B∈Mn(C)A,B\in\mathcal{M}_n(\C) telles que
rg⁡(AB−BA)=1.\operatorname{rg}(A B-B A)=1.Montrer que (AB−BA)2=0(A B-B A)^2=0.

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Solution by Venus2

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indications. Pour une matrice M de rang 1, chercher un polyn^ome de degré 2 qui annule M. Pour deux matrices R et S, calculer Tr(RS−SR)Tr(RS-SR). Conclure.

Solution by darktoaster

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Par le théorème du rang : dim⁡(ker⁡(AB−BA))=n−1\dim(\ker(AB-BA)) = n- 1
Soit B:=(ei)i∈[ ⁣[1,n−1] ⁣]\mathcal{B} := (e_{i})_{i \in [\![ 1,n-1]\!]} une base de ker⁡(AB−BA)\ker(AB - BA).
Comme rg(AB−BA)≠0\mathrm{rg}(AB-BA)\ne 0, il existe un vecteur ene_{n} tel que (AB−BA)en≠0(AB - BA)e_{n}\ne 0

La famille C:=(ei)i∈[ ⁣[1,n] ⁣]\mathcal{C} := (e_{i})_{i\in[\![1,n]\!]} forme une famille libre de cardinal nn de Mn,1(R)\mathcal{M}_{n,1}(\mathbb{R}) donc un base, en effet :
Soit (λi)i∈[ ⁣[1,n] ⁣](\lambda_{i})_{i\in[\![1,n]\!]} une famille de scalaires tels que : ∑i=1nλiei=0\sum_{i=1}^{n}\lambda_{i}e_{i} =0
En multipliant cette égalité par AB−BAAB-BA et en sachant que ∀i∈[ ⁣[1,n−1] ⁣],(AB−BA)ei=0\forall i \in [\![1,n-1]\!], (AB - BA)e_{i}=0 et (AB−BA)en≠0(AB-BA)e_{n}\ne 0, on a λn=0\lambda_{n}=0.
Ainsi ∑i=1n−1λiei=0\sum_{i=1}^{n-1}\lambda_{i}e_{i}=0, mais comme B\mathcal{B} est libre (car base de ker⁡(AB−BA)\ker(AB-BA)), on a ∀i∈[ ⁣[1,n−1] ⁣],λi=0\forall i \in [\![1,n-1]\!], \lambda_{i}=0.
En conclusion, C\mathcal{C} est libre car ∀i∈[ ⁣[1,n] ⁣],λi=0\forall i \in [\![1,n]\!], \lambda_{i} = 0

Soit uu l’endomorphisme canoniquement associé à AB−BAAB - BA.
La matrice de uu dans la base C\mathcal{C} s’exprime comme
MatC(u)=(0...0a1⋮⋮⋮0...0an)\mathrm{Mat}_{\mathcal{C}}(u) = \begin{pmatrix} 0 & ... & 0 & a_{1}\\ \vdots & & \vdots&\vdots \\0 & ... & 0&a_{n}\end{pmatrix}où les (ai)i∈[ ⁣[1,n] ⁣](a_{i})_{i\in[\![1,n]\!]} sont les coordonnées de ene_{n} dans la base C\mathcal{C}.

Nous pouvons, grâce à la trace, montrer que an=0a_{n} = 0, en effet :
Par linéarité et cyclicité de de la trace : tr(AB−BA)=tr(AB)−tr(BA)=0\mathrm{tr}(AB - BA) = \mathrm{tr}(AB) - \mathrm{tr}(BA) =0
La trace est un invariant de similitude, donc on a également tr(MatC(u))=0\mathrm{tr}(\mathrm{Mat}_{\mathcal{C} }(u))=0
Par ailleurs, comme nous disponsons de MatC(u)\mathrm{Mat}_{\mathcal{C}}(u), nous pouvons simplement sommer ses coefficients diagonaux pour obtenir sa trace : tr(MatC(u))=∑i=1n−10+an=an\mathrm{tr}(\mathrm{Mat}_{\mathcal{C}}(u)) = \sum_{i=1}^{n-1} 0 + a_n = a_{n}
Donc :

MatC(u)=(0...0a1⋮⋮⋮0...0an−10...00)\mathrm{Mat}_{\mathcal{C}}(u) = \begin{pmatrix} 0 & ... & 0 & a_{1}\\ \vdots & & \vdots&\vdots \\ 0&... & 0 &a_{n-1}\\0 & ... & 0&0\end{pmatrix}\newline
Par produit matriciel : (MatC(u))2=0(\mathrm{Mat}_{\mathcal{C}}(u))^{2} = 0
\newline
AB−BAAB - BA et MatC(u)\mathrm{Mat}_{\mathcal{C}}(u) sont semblables donc leurs carrés sont semblables. (AB−BA)2(AB - BA)^{2} est semblable à la matrice nulle (une matrice scalaire) donc est égale à la matrice nulle.
\newline
Remarque : Plus généralement, pour n’importe quelle matrice M∈Mn(C)M\in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{C}) de trace nulle et de rang au plus 11, M2=0M^{2} =0.

Solution by NawzadHogan

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On va commencer par montrer que notre commutateur est bien une matrice nilpotente.

Puisque rg(AB−BA)=1\text{rg}(AB-BA)=1, la dimension du noyau du commutateur est n−1n-1. On sait donc que 00 est valeur propre de multiplicité au moins n−1n-1. Or, comme tr(AB−BA)=0\text{tr}(AB-BA)=0, alors toutes les valeurs propres du commutateur sont nulles, i.e. χAB−BA=Xn\chi_{AB-BA}=X^{n}. Par théorème de Cayley-Hamilton, le commutateur est bien nilpotent.

Maintenant, on peut appliquer le théorème de Jordan sur la réduction des matrices nilpotentes. On rappelle la définition d’un bloc de Jordan nilpotent :

J:=(010⋯0001⋯0⋮⋱⋱⋮0⋯010⋯0)J:=\begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 & \cdots & 0 \\ 0 & 0 & 1 & \cdots & 0 \\ \vdots & & \ddots & \ddots & \vdots\\ 0 & & \cdots &0&1\\ 0 && \cdots & &0 \end{pmatrix}Comme le commutateur est nilpotent, il existe des blocs de Jordan J1,…,JrJ_{1},\dots,J_{r} tel que le commutateur soit similaire à la matrice

(J1J2⋱Jr)\begin{pmatrix} J_{1} & & & \\ & J_{2} & & \\ & & \ddots &\\ &&& J_{r} \end{pmatrix}

Or, comme le rang du commutateur vaut 11, tous les blocs de Jordan sont de rang au plus 11, i.e soit nuls soit égaux à
(0100)\begin{pmatrix} 0 & 1\\ 0 & 0 \end{pmatrix}Ainsi, lorsqu’on met au carré, par produit par blocs, on obtient la matrice nulle, d’où (AB−BA)2=0(AB-BA)^2=0.

Solution by budleya

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Soit u=AB−BAu=AB-BA. En accolant un vecteur de base de Im(u)(u) et une base de Ker(u)(u) on a une base BB dans laquelle tous les coefficients aija_{ij} de MB(u)M_B(u) sont nuls exceptés ceux de la première colonne.
De plus tr(AB)(AB)=tr(BA)(BA) donc tr(u)=a11=0u)=a_{{11}}=0, Im(u)(u) est inclus dans Ker(u)(u), d’où u2=0u^{2}=0 :
(AB−BA)2=0(AB-BA)^{2}=0

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